Ils furent utilisés par les pilotes de l’Aéropostale, par les amateurs de voyages de luxe, par les militaires… Des archives exceptionnelles retracent l’histoire des hydravions.
L’hydravion fut inventé par Claude Dornier, un Français né en Bavière et devenu allemand en 1913. Recruté en 1910 par l’usine Zeppelin de Friedrichshafen, il crée le prototype Wal (baleine), qui se vendra plus tard aux quatre coins du monde. Cet hydravion sera utilisé notamment par Amundsen pour survoler le pôle Sud, et par les pilotes de l’Aéropostale sur les lignes vers l’Amérique du Sud. Perfectionnant sa technique, Dornier crée en 1927 le Do-X : destiné à des vols transatlantiques, cet hydravion devenu mythique était équipé de cabines luxueuses et de douze hélices. Puissance : 6 000 chevaux.
Puis vinrent le réarmement de l’Allemagne et la Seconde Guerre mondiale, et les hydravions furent utilisés par l’armée, notamment pour repérer les navires de guerre et les sous-marins lors de vols de reconnaissance. Les dignitaires nazis avaient prévu, si les choses tournaient mal, de s’enfuir à bord du plus grand hydravion du monde, le BV 238, qui était stationné sur le lac de Schalsee entre Hambourg et Berlin. Mais les Britanniques, ayant eu vent de l’affaire, le détruisirent. C’est grâce à un hydravion américain de type Catalina que la Navy britannique put repérer et envoyer par le fond le Bismarck, fierté de la Kriegsmarine allemande. De nos jours, il ne reste que deux exemplaires de ces appareils extraordinaires. Ils sont utilisés pour la lutte contre les incendies de forêt